Tomber malade, c'est avant tout une source d'inquiétude pour la santé. Mais une seconde question se pose vite : que devient mon salaire pendant l'arrêt de travail ? En France, votre rémunération n'est pas automatiquement maintenue à 100 %. Elle dépend de plusieurs mécanismes qui se combinent : les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale, le délai de carence, et le complément éventuel de votre employeur.
En 2026, certains plafonds et règles évoluent, ce qui peut impacter le montant réellement perçu. Comprendre comment fonctionne le maintien de salaire en arrêt maladie est donc essentiel pour anticiper votre budget et faire valoir vos droits.
Dans cet article, nous décryptons concrètement les indemnités journalières 2026, le délai de carence, et le rôle de votre convention collective dans le complément employeur.
Les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS)
Lorsqu'un salarié est en arrêt maladie, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières (IJSS) destinées à compenser une partie de la perte de revenu. Leur montant correspond à 50 % du salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des salaires bruts des trois derniers mois précédant l'arrêt.
Pour être indemnisé, il faut remplir des conditions d'activité minimale (avoir suffisamment cotisé ou travaillé un certain nombre d'heures avant l'arrêt). En 2026, le calcul des IJSS reste plafonné : le salaire journalier pris en compte est limité, ce qui signifie que les hauts salaires ne sont pas indemnisés au-delà d'un certain seuil.
- IJSS = 50 % du salaire journalier de base
- Calcul sur la moyenne des 3 derniers mois de salaire brut
- Salaire journalier plafonné (hauts revenus partiellement indemnisés)
- Conditions d'ouverture de droits (durée d'activité ou cotisations)
Le plafond des indemnités journalières en 2026
Le montant des IJSS est calculé sur un salaire plafonné. En 2026, ce plafond limite le salaire journalier de référence, ce qui fixe l'indemnité maximale autour de 41 à 42 € bruts par jour selon les revalorisations en vigueur. Au-delà de ce seuil, la part complémentaire dépend uniquement de l'employeur ou d'un éventuel régime de prévoyance.
Le délai de carence : trois jours sans indemnisation
Le délai de carence est la période pendant laquelle aucune indemnité journalière n'est versée par la Sécurité sociale. En arrêt maladie classique, ce délai est de 3 jours. Concrètement, l'indemnisation par la Sécu débute donc au 4e jour de l'arrêt.
Ce délai de carence s'applique à chaque nouvel arrêt, sauf en cas de reprise puis de rechute pour la même affection dans un court intervalle, ou pour les affections de longue durée (ALD) où des règles spécifiques peuvent s'appliquer.
Bonne nouvelle : ce délai de carence de la Sécu peut être pris en charge par l'employeur dans le cadre du maintien de salaire, selon les dispositions du Code du travail ou de la convention collective applicable.
Le maintien de salaire par l'employeur
Au-delà des IJSS, le salarié peut bénéficier d'un complément versé par son employeur. Ce maintien de salaire est encadré par la loi (loi de mensualisation) mais aussi, et surtout, par la convention collective de l'entreprise, souvent plus favorable.
Le maintien légal prévoit, sous condition d'ancienneté (généralement 1 an), un complément permettant d'atteindre 90 % du salaire brut pendant une première période, puis environ deux tiers (66,66 %) pendant une seconde période. La durée d'indemnisation augmente avec l'ancienneté du salarié.
Certaines conventions collectives vont plus loin et garantissent un maintien à 100 % du salaire net pendant plusieurs semaines, parfois sans délai de carence. Il est donc indispensable de consulter votre convention collective pour connaître vos droits réels.
Le rôle de la subrogation
Lorsqu'il y a subrogation, l'employeur perçoit directement les IJSS à la place du salarié et lui verse l'intégralité du salaire maintenu. Le salarié ne fait pas l'avance et continue de percevoir une rémunération sur sa fiche de paie habituelle, ce qui simplifie sa gestion financière.
Calculer concrètement votre rémunération en arrêt maladie
Pour estimer ce que vous percevrez réellement, il faut additionner les IJSS de la Sécurité sociale et le complément employeur. Si votre convention prévoit un maintien à 100 %, vous ne subissez aucune perte. Sinon, le total peut représenter entre 50 % (IJSS seules) et 90 % de votre salaire selon votre situation.
Prenons un exemple : un salarié avec 2 ans d'ancienneté et une convention prévoyant un maintien à 90 % percevra ses IJSS complétées par l'employeur jusqu'à atteindre ce pourcentage, généralement après prise en charge du délai de carence.
Vérifiez toujours trois éléments : votre ancienneté, les dispositions de votre convention collective, et l'existence d'un contrat de prévoyance complémentaire pouvant améliorer votre indemnisation.
Questions fréquentes
Suis-je payé pendant les 3 premiers jours d'arrêt maladie ?
La Sécurité sociale ne verse rien pendant ces 3 jours de carence. En revanche, votre employeur peut les prendre en charge si votre convention collective le prévoit.
Vais-je toucher 100 % de mon salaire en arrêt maladie ?
Pas automatiquement. Le maintien dépend de votre ancienneté et de votre convention collective. Certaines garantissent 100 % du salaire net, d'autres seulement 90 % ou les IJSS seules (50 %).
Comment connaître mes droits exacts au maintien de salaire ?
Consultez votre convention collective (souvent disponible sur Legifrance) ou rapprochez-vous de votre service RH. Vérifiez aussi l'existence d'un contrat de prévoyance d'entreprise.
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